Né
le 1er octobre 1541 dans le village de Fodele en Crète
il est déjà célèbre en Crète où
il a été initié à la peinture des icônes,
dans la tradition byzantine,
Le Greco séjourna de 1566 à 1570 à Venise, où
il étudia sous la direction de Titien (mais, contrairement à
lui, il laisse voir ses repentirs verticaux) puis à Rome. Il émigra
à Tolède, en Espagne où il n'obtint de commande qu'après
une année et n'obtint que peu d'achat du Roi.
La plupart de ses tableaux se trouvent aujourd'hui au musée du Prado
à Madrid.
Après sa mort ses œuvres tombèrent dans un oubli relatif.
Ce n'est qu'au début du XXe siècle que les artistes et les critiques
s'intéressèrent à son expression très personnelle.
La libération des formes, lumière et couleur du Greco inspirèrent
Pablo Picasso et Jackson Pollock dans leurs efforts pour révolutionner
la peinture. La première grande étude espagnole consacrée
au Greco est celle de Manuel Bartolomé Cossio en 1908 et le premier
livre important à son propos
en français est le Greco ou le Secret de Tolède de Maurice Barrès
en 1910.
Le Greco cherche à communiquer l'essentiel ou la signification essentielle
du sujet à travers un processus de redéfinition et réduction.
À Tolède il accomplit cela en abandonnant l'emphase de la Renaissance
sur l'observation et la sélection des phénomènes naturels.
Au contraire il correspond au maniérisme du XVIe siècle byzantin
dans lesquels les images sont conçues dans l'esprit.
L'espace est perçu dans l'imagination plutôt que mal employé
; la lumière est incandescente, rétive et non réelle;
les couleurs sont pures, lumineuses et surnaturelles ; les figures sont alongées,
stimulées et dématérialisées. Toutes sont illuminées
et accélérées
par la grâce divine pour suggérer l'âme.
L’historien allemand Carl Justi qui en 1888 dans Diego Vélasquez
et son siècle affirme que la peinture du Grec représente «
le miroir et le résumé des dégénérescences
picturales.
Prisonnier de ses rêves fous, son pinceau semble vouloir nous livrer
le secret des extravagants incubes qu’engendrait son cerveau surchauffé.
De ses doigts fébriles il a modelé des personnages qui semblent
en caoutchouc, de douze têtes de haut, et après les avoir badigeonnées
n’importe comment, sans modelé ni contours, ni perspectives,
il les peignait en d’étranges rangées symétriques
; le bleu et le soufre étaient ses couleurs favorites, la toile ayant
été préalablement enduite de blanc et d’un violet
noirâtre. Cela s’explique très vraisemblablement par une
perturbation de l’organe de la vue ; les causes psychologiques sont
le désir de paraître original,
la mégalomanie, la bravade, des misères passagères et
des offenses inévitables pour un étranger. De telles situations
ne sont pas rares dans la vie des artistes,
mais elles trouvèrent un terrain favorable dans sa nature névropathe
».
Il fut un plaideur acharné pour obtenir un prix plus élevé
de ses toiles
et un mauvais débiteur qui pourtant menait une vie frugale.
Il meurt le 7 avril 1614 à Tolède