Jean-François
Millet
biographie
Jean-François
Millet est né le 4 octobre 1814 à Gruchy,
petit hameau de la commune de Gréville-Hague, près de Cherbourg.
Il était le second de huit enfants. Son père, Jean-Louis Nicolas
Millet
avait épousé Aimée Henriette Adélaïde Henry.
Elle appartenait à l’élite paysanne.
C’est grâce à sa grand-mère, qu'il adorait, un grand-oncle,
prêtre
et deux autres prêtres qu’il s’initia au latin, à
l'étude des Anciens,
et plus particulièrement à Virgile pour lequel il conservera
tout au long de sa vie
une admiration sans faille.


Le
jeune Jean-François, malgré une intelligence déjà
vive se montrait peu empressé à l’école,
plus enclin a se servir de son cahier pour dessiner.
1832
il a dix-huit ans. Son père, persuadé de ses dispositions précoces
le présenta à un certain Dumouchel
qui enseignait le dessin à Cherbourg. Ce dernier, conquis par les dons
du jeune homme
persuada la famille à le laisser embrasser une carrière artistique.
Quelques mois plus tard de la même année son père décéda
et il dû retourner à Gruchy
pour aider aux travaux des champs. Cela ne dura que quelques temps
étant peu disposé pour ce genre d’activité.
Avec la complicité de sa grand-mère il retourna à Cherbourg
dans l’atelier du peintre Langlois.
Il ne fallu pas longtemps à ce dernier pour se rendre compte que son
élève était un véritable artiste.
Langlois persuade le Conseil Municipal d’octroyer à Jean-François
une rente de 1000 F par an.
Dès lors il part pour Paris et débute dans l’atelier de
Paul Delaroche, un des maître de l’Art Académique. Mais
il s’y ennuya très rapidement. Il quitte Delaroche et préfère
passer son temps au Louvre
a admirer les œuvres de Poussin ou Delacroix, vivant chichement, peignant
des enseignes de boutiques, des portraits ou des nus pour quelques francs.
Après
cette période relativement sombre il part pour Le Havre peignant sur
commande
bateaux et capitaines. C’est là qu’il rencontre Pauline
Ono dont il peint le portrait.
1841
I l épouse Pauline. Sa santé est fragile. Jean-François
Millet, de son côté travail dur préparant
le Salon de 1842. Deux ans plus tard Pauline meurt le 21 avril 1844.
Il continue de travailler pour les Salons. Mais ses compositions sont souvent
hors sujet,
la préférence parisienne allant plutôt vers les thèmes
historiques et mythologiques.
Toutefois deux toiles retiendront l’attention du critique Thore,
« La laitière » et « La leçon d’équitation
».


1845
I l rencontre à Cherbourg Catherine Lemaire une servante de Lorient.
Ils vivront ensemble jusqu’à la mort du peintre et auront neuf
enfants.
1846
Naissance de son premier enfant, Marie. Huit autres suivront : Louise (1847),
Jean-François,
dit François (1849), Marguerite (1850), Emilie (1856), Charles (1857),
Jeanne (1859), Georges (1861)
et Marianne (1863).
Entre temps Jean-François et Catherine logent à Paris, 42 bis
rue Rochechouart
qui annonce déjà le célèbre « bateau-lavoir
» de Montmartre (1904).
Il y rencontre entre autre Charles Jacque, Troyon, Diaz et bien d’autres.
Cette époque préfigure les compagnons de Barbizon. Une fois
de plus le jury du Salon de 1846 va écarter
son « Saint-Jérôme tenté par les Femmes ».
Ce n’est que l’année suivante qu’enfin la critique
va s’intéresser à Millet.
1847
Il présente au Salon « Oedipe détaché de l'arbre
par un berger »
loin encore des sujets de l’exposition puisque empreint d’une
autre époque.
1848
C’est la Révolution. Enfin le Salon est ouvert à tous,
libéralisme oblige.
Millet fait fi des susceptibilités des examinateurs. Il a trente-trois
ans. Pour le Salon de cette année
il prépare « la Captivité des Juifs à Babylone
» et « le Vanneur ».
Ce dernier récoltera les lauriers et c’est dans ce genre que
désormais Jean-François Millet
va se distinguer, le Labeur de la Terre et le Paysan Héros. «
le Vanneur » sera vendu 500 francs
à Ledru-Rollin, syndic de Paris.
Jeanron, conservateur du musée du Louvre lui passe une commande d’environ
2000 francs
qu’il partagera avec son ami Charles Jacque.
C’est grâce à cette somme que les deux artistes s’établiront
à Barbizon.

Cette
même année les lois répressives de la II ème République
établies par le gouvernement
du nouveau Prince-Président indisposent Jean-François Millet.
Le choléra qui sévissait à Paris n’arrangeait rien.
Avec son ami Charles ils ont cette échange :
- « Où diable pourrions-nous bien aller
établir notre campement ? demanda Millet.
Connaîtriez-vous un endroit où nous pourrions vivre et travailler
sans dépasser les limites de notre budget ?
Moi, vous savez, je ne connais que Gruchy, c'est peut-être un peu loin
! »
- « Allons du côté de Fontainebleau, rétorqua Charles
Jacque ; il y a aux environs
un charmant petit hameau, un trou placé sur la lisière de la
forêt, et dont le nom finit par zon .
Diaz m'en a beaucoup parlé. Il paraît que le pays est admirable.
Ce n'est pas trop loin, nous trouverons sûrement quelque chose par là.»
Il écriras à Sensier : - « Nous
avons pris, Jacque et moi, la détermination de rester ici
(à
Barbizon) pendant quelque temps ».
l'atelier
dans la maison de Barbizon
Cela
devait durer vingt-cinq ans.
La forêt de Fontainebleau, proche, la campagne environnante les paysans
au travail
devaient alimenter et inspirer son travail et c’est dans cette maison
et cet atelier que vont voir le jour tant de chef d’œuvres. «
les Botteleurs et le Semeur » en 1850.
L’année d’après il perd sa grand-mère qu’il
adorait.
1853
Il épouse Catherine Lemaire et cette même année il rencontre
les peintres américains de Boston,
dont Hunt qui lui achète « les Moissonneurs ».

Au
salon de 1853, Millet envoie trois oeuvres :
« le Repas des moissonneurs », « une Tondeuse de moutons
» et « un Berger ».
Il reçoit sa première consécration : une médaille
de 2ème classe
pour ses "Moissonneurs" malgré une critique mitigée.
A cette époque il rencontre vraiment Théodore Rousseau qu’il
connaissait déjà.
Puis arrivèrent les pièces maîtresses dont : « le
Paysan greffant un arbre »,
« le Paysan répandant du fumier », « l'Angélus
»,
« les Glaneuses », « l'Attente », « le Bout
du village de Gréville », « la Becquée »,
« la Grande Tondeuse », ou encore
« l'Homme à la houe » qui devait déchaîner
tant de passions (1862), « la Naissance du veau » (1864) qui allait
valoir une seconde médaille à son auteur.

1854
C’est la rupture avec Charles Jacque. Pendant une quinzaine d’année
il va voyager,
Vichy, Clermont, le Mont Dore, acquérir des œuvres d’art,
sculptures, dessins de Delacroix gravures de Rembrandt, estampes japonaises.
Il s’intéresse à la photographie naissante, achète
des daguerréotypes.
En 1867 il perd son ami Théodore Rousseau.

1868
Le
14 août, Jean-François Millet est fait chevalier de la Légion
d'honneur.
Il siège désormais parmi le fameux jury qui présidait
chaque année
les redoutés et redoutables Salons. La chance commençait donc
à tourner
pour Jean-François Millet. Mais la maladie continuait à faire
des ravages.
Migraines et quintes de toux affaiblissaient l’homme. Ses affreuses
migraines
qui le tenaillaient depuis tant d'années reprenaient de plus belle.
Des quintes de toux le secouaient de longues minutes, ou durant plusieurs
heures,
lui ôtant toute vigueur et toute énergie.
En
1869 il entreprend un voyage en Alsace et en Suisse.
1870
C’est la guerre contre la Prusse. Il fait un séjour d’une
année et demie à Cherbourg
pour protéger sa famille. Dans une lettre datée du 30 juin
1871
il répond à un amateur anonyme :
" Je fuis avec ma famille devant l'invasion Prussienne
et je suis venu dans ce pays
qui est le mien. Je ne sais pas au juste l'époque de mon retour à
Barbizon,
il se pourrait cependant que j'y retourne vers la fin de septembre".
1875
le 20 janvier Jean-François Millet, alité depuis près
d’un mois dans sa chambre
du premier étage de sa maison de Barbizon s’adresse une dernière
fois
à sa femme et son frère Jean-Baptiste :
- «C'est dommage, j'aurais
pu travailler encore ».
Il
meurt ainsi à soixante et un ans.
Il repose désormais dans le cimetière de Chailly-en-Bière
aux côtés de Théodore Rousseau.
Théodore
Rousseau & Jean-François Millet