

J’ignore quand la passion du dessin et de la peinture se manifesta
en moi. Par contre, je me souviens que mon père me disait que je tenais
déjà un crayon avant même de savoir marcher.
Je dessinais comme tout enfant qui aime les couleurs et griffonne, insouciant.
Mon premier exercice de style eu lieu à l’école primaire.
Je choisis de dessiner une Vierge Marie
qui me valut le second prix. Le premier fut décerné à
un garçon qui avait dessiné
un navire de guerre prêt au combat.
L’amour des arts continua à se développer grâce
à l’attention que me portait mon père dans ce domaine.
J’étais devenue une autodidacte et une vraie passionnée
de la peinture.
Martina Westover artiste


Je lisais intensément tout sur les maîtres qui m’inspiraient
le plus et notamment Klee et Kandinsky. La révélation se fit
en pleine nuit
quand je me réveillais, fiévreuse. Je ne pouvais me rendormir
sans avoir terminé ma toute première grande toile.
Cette année là, le 14 septembre 1971, j’écrivais
dans mon journal : « Un jour je serai une artiste. Je veux exprimer
mes sentiments les plus profonds au travers la peinture et le dessin. Je veux
créer mon propre style et ne pas copier le monde tel que je le perçois
mais en capturer la quintessence. Je sais que cela sera dur et long mais je
sais aussi qu’un jour cela sera payant. »
Ces paroles s’avérèrent presque prophétiques puisqu’à
20 ans je me mariais et donnais naissance à trois enfants.
A 28 j’enseignais dans une école maternelle. Mais pour pouvoir
conserver intact mon amour pour la peinture il fallait désormais
le partager avec l’amour d’une épouse, d’une mère,
d’une professeur et d’une amie.
Cette situation avait pour conséquence un surcroît de travail
et de problèmes. Quand à l’âge de 14 ans je réalisais
que ma vie
n’aurait aucun sens sans la peinture j’arrivais à la triste
conclusion que dans cette école où j'avais été
élevée l’art se mourait.
En plus j’étais amèrement consciente que j’ignorais
absolument tout de la couleur et n’avais personne vers qui me tourner.
A cette époque je commençais une quête de spiritualité
intérieure.


J’ai quitté ma maison à quinze ans et demi. Le destin
me mena en Allemagne où je rejoignais l’Ecole Rudolf Steiner
(Waldorf) pour les quatre dernières années d’étude.
La manière dont tout ceci arriva continue, encore aujourd’hui,
de m’étonner et me remplir de gratitude.
En résumé je dirais qu’en pénétrant pour
la première fois dans l’école et que j’ai vu les
formes et les couleurs
qui m’entouraient, j’ai su, enfin, que j’étais à
la maison et que j’avais rejoint le paradis !



